Retour sur la Journée du 10 novembre 2018

Les Journées de l'ADIR

Pour sa 7e Journée tenue le 10 novembre 2018 à La Valette-du-Var, l’ADIR a invité les participants à se pencher sur la question de l’objet dans la clinique en institution. Devant la salle comble du cinéma Henri Verneuil, les intervenants à l’ADIR ont livré à l’échange des vignettes cliniques issues de leur pratique. Invitée de cette journée, Véronique Mariage a donné son éclairage en tant que psychanalyste et ancienne directrice thérapeutique du Courtil, en Belgique, au fil des discussions et lors d’une conférence sur « Les enfants psychotiques et leurs objets ». Retour en vidéo et en écrits sur les temps forts de cette riche journée d’étude.

 

1. Ouverture. « Il y a encore tant de choses à faire dans notre pays… » Geneviève Levy, député du Var.

 

2. Présentation du thème de la journée. « La singularité de ces jeunes enseigne… » Pierre Falicon, directeur des établissements de l’ADIR.


3. Entretien entre Solène Vilment et Nicole Guey, psychanalyste membre de l’ECF. Solène Vilment, accueillie à l’ADIR, est la créatrice de Solene Drew, la poupée en Une de l’affiche de la journée.
Lire aussi l’interview de Solène Vilment à propos de sa création.


4. Présentation des vignettes cliniques et quelques repères théoriques. « L’appui sur l’objet comme tentative de localisation de la pulsion (Freud)/jouissance (Lacan), en alternative au passage à l’acte… » Patrick Roux, psychanalyste membre de l’ECF (ADIR).


5. Echanges cliniques autour des présentations de :

. Noémie Farsy, coordinatrice et éducatrice spécialisée à l’ADIR (Le Clos des Bertrands) : « Le monde des poupées et ses bricolages ».
Comme l’indique Marie-Claude Pezron, présidente de l’ADIR :
« Noémie Farsy nous a présenté Zélie que ses poupées aident à circuler dans les différents lieux de l’institution. Quant aux autres objets dont l’adolescente s’empare en les rassemblant dans son sac ou en les scotchant pour qu’ils tiennent ensemble, ce sont ses bricolages pour donner un peu de consistance à son corps. »(Marie-Claude Pezron)

. Bénédicte De Jesse Levas, enseignante à l’ADIR (Le Clos des Bertrands) : « L’objet partenaire ».
« Bénédicte de Jesse nous a parlé de Bastien, lequel grâce aux quilles-bouteilles qu’il transporte, accepte de rentrer en classe. Il se saisit du déplacement métonymique que l’enseignante propose passant des quilles aux feutres positionnés comme les quilles pour entrer dans le comptage et finalement il élit un nouvel objet comme partenaire, une calculatrice, grâce à laquelle il s’aventure dans le champ du savoir. » (Marie-Claude Pezron)

. Ianis Guentcheff, psychologue clinicien (ADIR) : « Romain et le monde des objets », à partir du travail de Sabria Sauvecanne, monitrice éducatrice à l’ADIR (La Majourane).
« Ianis Guentcheff nous a parlé de Romain, cet enfant qui tente d’extraire l’objet dans le réel et dont le corps s’en trouve blessé. Chez Romain, le symbolique n’a pas mortifié le réel. La coupure signifiante ne fait pas séparation. La langue l’affecte réellement, aussi faut-il avec lui user des mots avec délicatesse. C’est finalement grâce à la création d’un dictionnaire de mots inventés, que cet enfant, soutenu dans ce processus par les professionnels de l’institution, va amorcer un traitement de la langue et trouver quelque apaisement. » (M.-C. Pezron)

. Jérôme Bélijar, éducateur spécialisé à l’ADIR (centre d’hébergement Beaulieu) : « Dessine-moi un dinosaure ! »
« Jérôme Belijar nous a montré que grâce à la confection d’animaux à l’aide de cartons et de bouts de ficelle, Marc a cessé d’incarner un animal pour se construire un double animal qui l’ouvre à un imaginaire plus riche et à l’interaction avec des camarades. » (M.-C. Pezron)

. Olivier Gamard, intervenant bénévole auprès d’une enfant autiste : « Quand Aurélie reprend sa place, à ses conditions ».
« Olivier Gamard ne travaille pas à l’ADIR, mais il a bien voulu nous faire part de son expérience auprès d’une enfant autiste selon une méthode basée sur l’imitation. Il décidera de ne pas l’appliquer à la lettre constatant qu’Aurélie refuse les jeux d’imitation. Il prendra plutôt en compte les petits événements de rencontres avec la fillette, et son intérêt pour le matériel Montessori, une valise à ateliers et de figurines animales, se réglant ainsi sur « les conditions » d’Aurélie. » (M.-C. Pezron).

Les textes de ces présentations cliniques sont consultables sur demande à la rubrique Elaborations.

 

6. Les enfants psychotiques et leurs objets. Conférence de Véronique Mariage.

« Les enfants psychotiques, un par un, construisent leur lien au monde dans la singularité. À défaut de pouvoir appréhender le monde avec l’outil symbolique décerné par le langage et organisé par l’Oedipe, ces sujets sont alors très inventifs pour fabriquer ce lien via les objets. Ceux-ci permettent non seulement de constituer un rapport à l’Autre mais aussi d’avoir un corps. »
Lire la suite

En préambule à la 7e Journée de l’ADIR, Véronique Mariage répondait aux questions de l’ADIR sur ce thème de la clinique de l’objet en institution. Lire ici.


7. Conversation clinique avec Véronique Mariage.

Intervenantes : Joëlle Boyer, pédopsychiatre à l’ADIR, Marie-Paule Candillier, psychologue clinicienne, Nicole Guey, docteur en psychopathologie clinique, psychanalyste, membre de l’ECF, Marie-Christine Belzanti, psychologue clinicienne à l’ADIR, Marie-Claude Pezron, psychologue clinicienne, présidente de l’ADIR.


8. Le moment de conclure.

 

LE MOT DE LA PRESIDENTE

Ce rendez-vous biennal constitue un point d’orgue et une mise à ciel ouvert du travail opéré dans les établissements de l’ADIR. Chaque journée est l’aboutissement d’un long temps de préparation, elle provoque un pousse-à-l’élaboration, et c’est l’occasion pour tous les professionnels et nos invités d’exposer une pratique orientée par la psychanalyse. Celle-ci se spécifie de proposer à chaque enfant, chaque adolescent un accueil à partir de sa singularité. Il s’agit de parier sur l’invention de ces sujets, qui se présentent à l’entrée dans l’institution, le plus souvent, sans lien à l’a/Autre, s’éprouvant comme corps morcelé, persécuté par la voix, le regard, la présence en trop. À chaque professionnel de proposer un accompagnement vidé de toute demande, en creusant sa présence, pour contrer chez l’enfant un envahissement de jouissance et prévenir ainsi, autant que faire se peut, effondrement du corps, mutilations et crises. Dans cette perspective, il ne peut être question de techniques visant à normaliser ces sujets, il convient au contraire de suivre le chemin qu’ils empruntent et de se montrer attentif aux moindres trouvailles propres à les conduire vers une relative conciliation avec l’a/Autre.

Dans la rencontre avec les sujets autistes et psychotiques, la question de l’objet est prégnante, c’est donc l’abord clinique choisi pour cette 7e journée de l’ADIR. Les textes que nous avons entendus en sont une mise en relief.

Merci donc à vous qui avez pris le risque de partager ces expériences cliniques, et aux collègues qui se sont succédés à la tribune pour questionner, affiner cette clinique.

Et bien sûr, un grand merci à Véronique Mariage qui pour la seconde fois s’est déplacée depuis la Belgique, afin de venir nous enrichir de son expérience et de ses analyses. Nous garderons précieusement en tête les cas de Ludo et Lyly, tout comme nous avons encore à l’esprit le documentaire de Mariana Otéro, A ciel ouvert, tourné au Courtil et présenté lors de la 5e journée de l’ADIR, où nous la voyons travailler avec les enfants et les collègues du Courtil. Ce film rend palpable ce qu’est une pratique institutionnelle orientée par la psychanalyse.

Merci aussi à tous les personnels de l’ADIR, sans distinction des fonctions car tous œuvrent en faveur des jeunes accueillis, et à Nicole Guey, psychanalyste, qui les accompagne depuis de nombreuses années dans le but de mieux élucider leur clinique difficile.

Merci aux membres du conseil d’administration pour leur engagement constant en faveur de l’ADIR et merci à vous, public, d’être une nouvelle fois fidèles au rendez-vous.

À dans deux ans !

Marie-Claude Pezron, Présidente de l’ADIR.

 

Captation et montage vidéo réalisés par Dako Films (Marseille).

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