Retour sur la journée du 4 octobre 2014

Les Journées de l'ADIR

MARCO-actu

Pour sa 5e journée clinique, l’ADIR a choisi de mettre « à ciel ouvert » des moments de rencontre autour de la question « Qu’est-ce qui fait rencontre avec la psychose en institution ? ». Retour en vidéos sur cette journée riche d’échanges.

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« Qu’est-ce qui fait rencontre avec la psychose en institution ? » Pour sa 5e journée, organisée le samedi 4 octobre 2014, c’est peu dire que l’ADIR a fait mouche. Quelque 200 professionnels éducateurs, enseignants, psychologues, psychiatres et autres cliniciens travaillant avec des enfants et adolescents ont assisté aux présentations et débats avec les intervenants conviés pour cette journée d’échanges accueillie par la ville de La Valette-du-Var, dans la belle salle du Cinéma Henri Verneuil de l’Espace culturel Albert Camus.

Bruno de Halleux était l’invité-conférencier de la journée. Directeur thérapeutique de l’Antenne 110, installée à Bruxelles et dont le travail fait référence dans l’accueil des jeunes en souffrance psychique, le psychanalyste, membre de l’Ecole de la Cause freudienne, a livré un formidable témoignage clinique et de précieux repères théoriques.
Il a aussi apporté des éclairages vifs aux présentations des intervenants ainsi qu’au film de Mariana Otero, A ciel ouvert, projeté en matinée, qui nous montre la vie d’une petite communauté d’enfants et de soignants au sein la structure belge « amie » Le Courtil, institution médico-pédagogique spécialisée dans l’accueil des enfants et jeunes adultes psychotiques et névrosés graves.

L’ADIR remercie Christiane Hummel, sénateur-maire de la Valette-du-Var, représentée par Isabelle Bourgeois, Geneviève Levy, député du Var et 1er adjoint au maire de Toulon, ainsi que les intervenants, les équipes et les partenaires (voir le programme) qui ont su faire de cette 5e journée un moment dense et riche. S’il est un point qu’elle nous a notamment enseigné, c’est comment, à partir de la rencontre, se faire partenaire du Un-tout-seul du jeune sujet psychotique.

Marie-Claude Pezron, présidente de l’ADIR
Pierre Falicon, directeur de l’ADIR


Nous vous proposons de partager en vidéos les moments forts de cette journée.

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A propos du dessin de la 5e journée de l’ADIR . 0’43

  1. Ouverture. 20’
  2. Débat. 13’
  3. La parole est à la salle. 21’
  4. L’atelier théâtre de l’IME La Majourane. 6’30
  5. La lettre déchirée. 9’
  6. Instantanés de la rencontre. 11’30
  7. Une rencontre éprouvante. 8’30
  8. « Qu’est-ce qui fait rencontre avec la psychose en institution ? » par B. de Halleux. 32’30
  9. Conclusion. 6′

A propos du dessin de la 5e journée de l’ADIR . 0’43
Saisissant visage que celui dessiné par le jeune M. lors de son séjour à l’ADIR. Pourquoi ce choix pour la 5e journée ? Pierre Falicon nous en parle.

    1. Ouverture. 20’
      Au nom de Christiane Hummel, sénateur-maire de la Valette-du-Var, Isabelle Bourgeois, adjointe à la culture, salue l’engagement de l’ADIR et de ses équipes. A la tribune, Geneviève Levy, député du Var, 1er adjoint au maire de Toulon, rappelle qu’« il y a des élus de la République qui sont attentifs à une autre approche, qui s’intéresse à des travaux comme ceux (de l’ADIR) » et compare l’action de l’IME et celle du colibri, dont chaque minuscule goutte d’eau participe à éteindre l’incendie « dans un monde en feu » […] vous faites partie de cette goutte d’eau […] chaque goutte d’eau est importante ». Les Journée de l’ADIR « présentent un intérêt […] au delà de votre cercle […]. Merci de maintenir ce moment de rencontre. »
      Pierre Falicon présente la tribune et le thème de la journée. « La rencontre est au cœur du travail de l’institution. » Non sans paradoxe. « L’institution travaillerait du côté de la nécessité d’organiser une rencontre pour ces enfants (pour qui) la rencontre entre le langage et le corps ne s’est pas bien faite… là où il y a eu mauvaise rencontre […] Il faut qu’il y ait des éducateurs, des professionnels, pour ouvrir à la possibilité d’une « bonne rencontre. » Pour autant, il s’agit de se soumettre également à « la rencontre quand elle est une invention […]. Une présence discrète et attentive des équipes permettra qu’il y ait cette rencontre avec l’enfant. »

  • Débat. 13’
    Suite à la projection du film A ciel ouvert, de Mariana Otero.

    A la tribune : Mohamed Karkache, chef de service IME La Majourane, Bertrand de Halleux, Luce Casquet, chef de service IME Clos des Bertrands, Pierre Falicon.
    Bruno de Halleux : « Ce qui m’a le plus frappé c’est la rencontre de Mariana Otéro avec l’institution du Courtil », sa découverte d’une équipe qui réfléchit, qui n’est pas dans un savoir total. « Elle ne s’est pas exclue comme la caméra : elle s’est inclue dans l’équipe. »

 

  1. La parole est à la salle. 21’
    En écho à la projection de A ciel ouvert : interventions de Jean Defianas, psychologue clinicien, Marie-Paule Candillier, psychologue clinicienne, administratrice de l’ADIR, Sylvie Goumet, psychologue clinicienne Le Clos des Bertrands (ADIR), Patrick Roux, psychologue clinicien Centre d’hébergement Beaulieu (ADIR), Béatrice Are, psychologue clinicienne, administratrice de l’ADIR, Joëlle Tavernier, coordonnatrice RSA (association ADPEI), Henri Pollet, pédopsychiatre (IME Folke-Bernadotte), Marie-Claude Pezron, psychologue clinicienne, présidente de l’ADIR.

  1. L’atelier théâtre de l’IME La Majourane. 6’30
    Présentation du film sur l’atelier théâtre de l’IME La Majourane (enfants), réalisé en partenariat avec le Théâtre Liberté (Toulon) et le concours de William Lecler, directeur technique, et Sophie Catala, chargée de la médiation. Intervention de Monique Brillaux, pédopsychiatre à l’ADIR, membre de la Coordination internationale entre psychothérapeutes psychanalystes s’occupant de personnes avec autisme (CIPPA), et Brigitte Giugiuza, monitrice-éducatrice à l’IME La Majourane.

  1. La lettre déchirée. 9’
    Première séquence clinique de l’après-midi. Sylvain Azéma, éducateur spécialisé au Foyer d’accueil médicalisé les Ateliers-Foyers de Valbonne de l’association La Bourguette-autisme, présente le cas de Romuald*, une quarantaine d’années : « Je voudrais montrer que pour qu’il y ait rencontre, il faut que se constitue un point de décalage, un point de décalage dans l’univers des rituels, un arrêt des automatismes, et que ce décalage soit articulé. »
    Conversation animée par Nicole Guey, psychanalyste, membre de l’École de la Cause Freudienne.
    Nicole Guey : « […] le nouage est toujours à refaire […] et pour être validé, ça doit en passer par le grand Autre. […] Vous montrez que cet Autre est l’Autre du langage : ce qui se dit et ce qui s’écrit. […] [vous êtes] parvenu à user d’un savoir sans écraser la demande […]. Vous soutenez ce sujet dans sa structure. »
    Bruno de Halleux : « Vous nous montrez une autre piste pour être éducateur : […] là où la rencontre peut être ennuyeuse quand elle se répète dans l’automaton, vous nous montrez comment une rencontre peut être dans la surprise, la tuché […] on ne peut pas la programmer, vous avez su l’attraper. »

* Pour des raisons de confidentialité, les prénoms ont été modifiés.

  1. Instantanés de la rencontre. 11’30
    Deuxième séquence clinique. Trois intervenants à l’IME Le Clos des Bertrands (adolescents) parlent de leur rencontre avec un même jeune garçon, Swan*. Alexandre Jousse est éducateur spécialisé ; Amaury Ferrero est éducateur spécialisé ; Emmanuel Costa est maître-délégué suppléant.
    Conversation animée par Sylvie Goumet, psychanalyste, membre de l’École de la Cause freudienne, psychologue clinicienne à l’ADIR.
    Sylvie Goumet : Ces trois interventions ont été « rédigées sans concertation, et outre leurs points vifs à chacune, [on remarquera qu’elles] permettent de repérer comment, pour chacun des trois, au moment où s’aperçoit ce à quoi l’adolescent est confronté, son indicible, il faut cette rencontre avec l’intervenant pour engager un vrai travail. »

* Pour des raisons de confidentialité, les prénoms ont été modifiés.

  1. Une rencontre éprouvante. 8’30
    Troisième séquence clinique. Layal El Khouri, monitrice-éducatrice au Centre d’hébergement de Beaulieu (ADIR), expose le cas d’un adolescent particulièrement difficile. Elle se présente comme une « éducatrice qui s’est tenue au plus près de l’étrangeté du sujet ».
    Conversation animée par Patrick Roux, psychanalyste, membre de l’École de la Cause freudienne, psychologue clinicien à l’ADIR.
    Patrick Roux : « L’éducatrice a dû d’abord se dessaisir de la terreur – l’adolescent imposait son mode de rencontre – pour pouvoir prêter sa présence et enfin servir d’appui à ce jeune. »
    Layal El Khouri : « le déclic s’est produit « grâce au travail en équipes avec les collègues. » Non sans insister sur « la fragilité de ce travail et du lien ».
    Pierre Falicon : ce jeune « a mis l’institution et les équipes face à leurs points d’impossible ».
    Bruno de Halleux souligne combien ce texte « fait écho à la parole de Lacan (Séminaire III) : « gardez-vous de comprendre ! » […] [c’est] une très belle définition du travail que nous faisons tous les jours ».

  1. Qu’est-ce qui fait rencontre avec la psychose en institution ? 32’30
    La conférence de Bruno de Halleux s’articule en deux parties.
    La première (jusq’à la minute 22’) présente trois cas, dont le premier, Farid*, est repris à Bettina Potier, intervenante à l’Antenne 110, qui l’a publié dans la revue Quarto (« Rencontrer Fouad », Quarto, n° 108, Autisme !, septembre 2014).
    La seconde extrait des repères théoriques (de la minute 22’ à la fin).

  1. Conclusion. 6’
    Par Marie-Claude Pezron et Pierre Falicon, respectivement présidente et directeur de l’ADIR.

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